Thème(s) :

Tourner sept fois sa langue…

« Que chacun soit prompt à écouter, lent à parler, lent à la colère. Car la colère de l'homme n'accomplit pas la justice de Dieu. Aussi, rejetant toute saleté et tout débordement de malfaisance, accueillez avec douceur la Parole qui a été plantée en vous et qui peut vous sauver [...] Si quelqu'un se considère comme un être religieux alors qu'il ne tient pas sa langue en bride, il se trompe lui-même et sa religion est futile. » Jacques 1:19-21,26

Ah… Comme il est difficile de « dompter » notre propre langue ! Comme il est périlleux de maîtriser cet organe qui agit souvent bien plus vite que la pensée… Pourtant, que de temps perdu par une parole lancée sans trop réfléchir aux conséquences qui en découlent… Que de paroles exprimées sous l’impulsion de la colère que nous regrettons, après coup, avec tant d’amertume. Ou alors, que de paroles dites pour « épater » la galerie, oubliant qu’elles peuvent blesser ou même tuer quelqu’un.

L’apôtre Jacques nous propose d’accueillir avec douceur la Parole plantée en nous. Parole de Vie, parole qui nourrit, qui fait grandir, qui construit… Ce précieux dépôt est en nous et ne demande qu’à rejaillir en sources de vie. La meilleure manière de nous libérer des paroles qui « salissent » l’autre, donc nous-même, c’est de croire qu’il a été semé en nous des paroles porteuses de vie. Les laisser grandir et sortir hors de nous est une expérience salutaire aussi bien pour celui qui les reçoit que pour nous-mêmes qui les donnons. Toute parole qui fait exister l’autre nous permet d’être. En ce sens, une telle parole peut nous sauver.

Un homme regretta amèrement le mal qu’il avait dit de son ami… Soucieux de réparer l’outrage insensé, il se rendit vers le sage du village. « Que dois-je faire pour réparer la situation ? » Le sage lui conseilla de rentrer chez l u i et de revenir le lendemain avec un oreiller de plumes. Ce qu’il fît. Le lendemain donc, il se présenta au sage avec son oreiller de plumes et dit : « Que dois-je donc faire maintenant ? » Le sage lui dit de monter au sommet de la grande tour située face à eux et de déchirer au vent l’oreiller de plumes. L’homme, surpris mais désireux de réparer l’outrage, s’exécuta. Le sage alors lui conseilla de rentrer chez lui et de revenir le lendemain. Ce qu’il fît. Le lendemain, il se présenta impatient au sage : « Alors, que dois-je faire maintenant ? » Le sage, avec un regard malicieux lui dit : « C’est bien simple, va chercher une à une les plumes…» L’homme, interloqué, s’écria : «Mais c’est impossible ! Le vent a dispersé les plumes… » Le sage dit alors : «Ainsi en est-il de tes paroles. Une fois lâchées, tu ne peux plus avoir contrôle sur leur trajet ! »

Moralité : mieux vaut tourner sept fois sa langue dans la bouche avant de la mettre en mouvement pour calomnier !

Source: Adapté du livre "Aube Nouvelle" (www.viesante.com)
Auteur(s): Thierry LENOIR