Thème(s) :

Plaisirs de la table, bienfaits de la nourriture

« Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l'obliger à se souiller. Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques. » Daniel 1:8-9

Il existe un plat turc très connu, à base d’aubergines. Son nom en cinq syllabes, « Imam bayildi » signifie littéralement : « L’imam s’est évanoui de bonheur devant la succulence du mets ! »

Il m’est parfois arrivé, au cours de mon existence, de me trouver quasiment dans le même état que cet imam, mais…pas pour les mêmes raisons ! En effet, j’ai parfois manqué de m’évanouir en goûtant certains plats mais c’était en raison de l’absence de saveur ou encore du manque de fraîcheur des plats qui m’étaient servis.
La dernière fois que j’ai failli m’évanouir pour des raisons culinaires (mais, hélas ! pas en raison d’un plat exquis), c’était en 2009, après avoir déjeuné avec un collègue dans un restaurant de Martinique. En fait, victime d’une intoxication alimentaire, je fus pris quelques heures après d’étourdissements et en proie à des vomissements.
Par la suite, pour me taquiner, mes anciens collègues m’ont souvent proposé d’aller déjeuner dans ce même restaurant où je n’ai jamais plus remis les pieds !  La cause de l’intoxication était visiblement une mauvaise hygiène dans les cuisines de cet établissement.

Nous reviendrons sur les excès et dérives en matière de nourriture. Mais la signification de l’imam bayildi me rappelle comment un souverain fut, lui aussi, « subjugué par les effets de la nourriture » mais d’une autre façon :
« Le roi leur assigna pour chaque jour une portion des mets de sa table et du vin dont il buvait, voulant les élever pendant trois années, au bout desquelles ils seraient au service du roi. Il y avait parmi eux, d’entre les enfants de Juda, Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria.
[ ]… Daniel résolut de ne pas se souiller par les mets du roi et par le vin dont le roi buvait, et il pria le chef des eunuques de ne pas l’obliger à se souiller. Dieu fit trouver à Daniel faveur et grâce devant le chef des eunuques. Le chef des eunuques dit à Daniel: Je crains mon seigneur le roi, qui a fixé ce que vous devez manger et boire; car pourquoi verrait-il votre visage plus abattu que celui des jeunes gens de votre âge?
Vous exposeriez ma tête auprès du roi. Alors Daniel dit à l’intendant à qui le chef des eunuques avait remis la surveillance de Daniel, de Hanania, de Mischaël et d’Azaria: Éprouve tes serviteurs pendant dix jours, et qu’on nous donne des légumes à manger et de l’eau à boire; tu regarderas ensuite notre visage et celui des jeunes gens qui mangent les mets du roi, et tu agiras avec tes serviteurs d’après ce que tu auras vu. Il leur accorda ce qu’ils demandaient, et les éprouva pendant dix jours. Au bout de dix jours, ils avaient meilleur visage et plus d’embonpoint que tous les jeunes gens qui mangeaient les mets du roi. L’intendant emportait les mets et le vin qui leur étaient destinés, et il leur donnait des légumes. Dieu accorda à ces quatre jeunes gens de la science, de l’intelligence dans toutes les lettres, et de la sagesse; et Daniel expliquait toutes les visions et tous les songes. Au terme fixé par le roi pour qu’on les lui amenât, le chef des eunuques les présenta à Nebucadnetsar. Le roi (c’est-à-dire Nébucadnetsar) s’entretint avec eux; et, parmi tous ces jeunes gens, il ne s’en trouva aucun comme Daniel, Hanania, Mischaël et Azaria.
Ils furent donc admis au service du roi. Sur tous les objets qui réclamaient de la sagesse et de l’intelligence, et sur lesquels le roi les interrogeait, il les trouvait dix fois supérieurs à tous les magiciens et astrologues qui étaient dans tout son royaume. »
Daniel 1 vv. 5-6, 8-20
Au-delà des effets observables par le roi (mais aussi par son intendant, son chef des eunuques et bien d’autres) des plats végétariens sur ces quatre jeunes gens, il y a plus de 2600 ans à Babylone, la Bible est claire !

Même s’il s’agit (j’insiste dessus) d’un encouragement à diminuer voire supprimer notre consommation de viande et à complétement s’abstenir d’alcool, la nourriture n’eut aucun effet « magique ».

C’est Dieu qui, pour ainsi dire, « transforma l’essai » et agit de façon miraculeuse en ces jeunes gens qui s’engagèrent sur la voie de la tempérance alimentaire.

Auteur(s): Olivier REGIS