Thème(s) :

Nwel o, nwel o

«Après avoir entendu le roi, ils partirent. Et voici, l'étoile qu'ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu'à ce qu'étant arrivée au-dessus du lieu où était le petit enfant, elle s'arrêta. Quand ils aperçurent l'étoile, ils furent saisis d'une très grande joie. Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l'adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l'or, de l'encens et de la myrrhe. » Matthieu 2:9-11

Ah, Noël ! Les fêtes de fin d’année ! Quelle belle période ! Faisons toutefois la part des choses entre récit biblique (dont la rédaction s’est achevée à la charnière des premier et second siècles de notre ère), d’une part, et tradition(s), mythe (voire mythologie) et culture(s), d’autre part.

Comme vous l’aurez compris, en créole, noël s’écrit et se prononce « nwel ». Vous reconnaîtrez d’ailleurs au passage les textes de quelques cantiques.

Euh, ne m’en voulez pas si suite à ce texte, des idées fausses ou préconçues sur les traditions et récits de Noël venaient à se briser !

Vous avez tous en tête l’épisode de la visite et des hommages rendus par les bergers et les rois mages à l’enfant Jésus dans la crèche, c’est-à-dire une étable, à Bethléem.

Première idée préconçue (ou plutôt érigée a posteriori) ne figurant pas dans le récit biblique (mais vous le saviez déjà pour certains d’entre vous), les trois rois mages ne sont en fait mentionnés que comme étant des mages d’Orient. Rien n’indique qu’ils étaient rois !

De plus, leur nombre n’est pas précisé ; encore moins leur noms et leur(s) ethnie(s) !

Le mythe des trois rois mages (dénommés par la tradition Gaspar, Melchior et Balthazar) est plus tardif et remonterait en fait à un manuscrit datant du VIème siècle de notre ère (Excerpta latina Barbari, qui selon certaines sources serait en fait une traduction latine plus tardive de l’original grec).

Sources : Excerpta Latina Barbari cité par Vladimir Polanco in Priorités, décembre 2011, p. 9 / site internet www.lexilogos.com / article « rois mages » sur wikipédia en français

Second point, et non des moindres, la Bible suggère (fortement) que les mages n’ont peut-être jamais mis les pieds dans la crèche ou l’étable mais que Marie et Joseph avaient quitté cet endroit malodorant, de la première ou du moins des premières nuits, pour une véritable maison ou à défaut un lieu plus adapté à un bébé.

Retour au texte si vous le voulez bien (et aux deux seuls évangélistes, en l’occurrence Matthieu et Luc, qui mentionnent la naissance et l’enfance ainsi que la généalogie du Christ):

« Jésus étant né à Bethléem en Judée, au temps du roi Hérode, voici des mages d’Orient arrivèrent à Jérusalem, et dirent: Où est le roi des Juifs qui vient de naître? Car nous avons vu son étoile en Orient, et nous sommes venus pour l’adorer.

[ ]… Alors Hérode fit appeler en secret les mages, et s’enquit soigneusement auprès d’eux depuis combien de temps l’étoile brillait. Puis il les envoya à Bethléem, en disant: Allez, et prenez des informations exactes sur le petit enfant; quand vous l’aurez trouvé, faites-le-moi savoir, afin que j’aille aussi moi-même l’adorer. Après avoir entendu le roi, ils partirent.

Et voici, l’étoile qu’ils avaient vue en Orient marchait devant eux jusqu’à ce qu’étant arrivée au-dessusdu lieuoù était le petit enfant, elle s’arrêta.

Quand ils aperçurent l’étoile, ils furent saisis d’une très grande joie.

Ils entrèrent dans la maison, virent le petit enfant avec Marie, sa mère, se prosternèrent et l’adorèrent; ils ouvrirent ensuite leurs trésors, et lui offrirent en présent de l’or, de l’encens et de la myrrhe. »

Matthieu chap. 2 vv. 1 et 2, 7 à 11

En fait, la crèche a bel et bien existé mais ce furent uniquement les bergers (en tout cas ce sont les seuls visiteurs humains explicitement mentionnés dans l’étable) qui y allèrent pour voir le divin enfant.

« Il y avait, dans cette même contrée, des bergers qui passaient dans les champs les veilles de la nuit pour garder leurs troupeaux. Et voici, un ange du Seigneur leur apparut, et la gloire du Seigneur resplendit autour d’eux. Ils furent saisis d’une grande frayeur. Mais l’ange leur dit: Ne craignez point; car je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera pour tout le peuple le sujet d’une grande joie: c’est qu’aujourd’hui, dans la ville de David, il vous est né un Sauveur, qui est le Christ, le Seigneur.

Et voici à quel signe vous le reconnaîtrez: vous trouverez un enfant emmailloté et couché dans une crèche.

Et soudain il se joignit à l’ange une multitude de l’armée céleste, louant Dieu et disant:

Gloire à Dieu dans les lieux très hauts, Et paix sur la terre parmi les hommes qu’il agrée!

Lorsque les anges les eurent quittés pour retourner au ciel, les bergers se dirent les uns aux autres: Allons jusqu’à Bethléem, et voyons ce qui est arrivé, ce que le Seigneur nous a fait connaître. Ils y allèrent en hâte, et ils trouvèrent Marie et Joseph, et le petit enfant couché dans la crèche. »

Luc chap. 2 vv. 8 à 16

Bon, vous saviez déjà que le père noël n’existait pas vraiment…

… là, nous avons simplement fait un pas de plus vers la connaissance et la maturité intellectuelle !

Je dois vous avouer que, si je n’ignorais pas le premier point cité plus haut, ce n’est qu’assez récemment que, quelqu’un (en l’occurrence le pasteur adventiste Marcel Alphonso) ayant mentionné le second point, j’ai relu les textes et constaté que cette personne était dans le vrai !

Dorénavant, vous ne regarderez plus une crèche de la même façon car vous aurez acquis un peu plus de connaissance et c’est, entre autres choses, une des activités que nous devons exercer (avec l’acquisition de l’expérience et de la sagesse) tant qu’il demeure un souffle de vie en nous.

Quelle que soit la période de l’année où vous lirez ces lignes, réjouissez-vous de ce que notre sauveur s’est fait homme et a donné sa vie pour nous afin que nous ayons part à la vie éternelle.

Auteur(s): Olivier REGIS