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Mon père, ce héros ! 2nde partie

« Quand je dis: Mon pied chancelle! Ta bonté, ô Éternel! me sert d'appui. » Psaume 94:18

En 1980, mon père, âgé de 38 ans, acheta un petit canot de pêche de 5,50 mètres de long qu’il baptisa « Salomon ». Aujourd’hui, en 2013 (au moment où sont écrites ces lignes), soit 33 ans après, alors que cette année devrait marquer, si Dieu le veut, mon propre 38ème anniversaire, mon père continue d’exercer son passe-temps favori en voguant sur la mer, toujours à bord de ce même canot, Salomon. Certes, certaines planches et d’autres éléments de ce canot sont un peu fatigués mais la coque en plastique et fibre de verre tient bon.

Quand j’étais enfant, mon père nous emmenait souvent, ma mère, mon frère cadet* et moi, à bord de Salomon pour passer de magnifiques journées en mer, sur les différents îlets jalonnant les côtes guadeloupéennes.
* [le benjamin de la famille n’était pas encore né ; mais rassurez-vous, s’il a fait moins de journées de plaisance en mer que nous, il a, en revanche,  fait nettement plus de nuits de pêche en mer que mon frère et moi]

L’une de nos destinations les plus fréquentées était un îlot appelé « îlet Caret » (ou « îlet Karet » ; prononcer « Carette »), situé dans le « Grand cul de sac marin ». Il s’agit d’une baie de 15 000 ha, située en Guadeloupe, entre les parties septentrionales de Grande-terre et Basse-Terre. Par son récif corallien  de plus de 35 km, servant de protection dans sa partie nord, face aux houles de l’Atlantique et de la Caraïbe,  le Grand cul-de-sac marin constitue  le plus grand lagon des Petites Antilles.

En 1984, j’avais 9 ans lorsqu’un incident se produisit lors d’une de ces ballades. Nous étions 6 personnes à bord du canot (une amie de la famille et son fils de 7 ans étaient présents) et remontions un bras de mer appelé « la Rivière salée ». La rivière salée constitue en fait un détroit, long d’environ cinq kilomètres pour une centaine de mètres de large, séparant les deux îles principales de l’archipel guadeloupéen.

Peu de temps après être passé sous ce qui était, à l’époque, l’unique pont mobile de la Guadeloupe, un bateau équipé de deux moteurs surpuissants nous dépassa, déclenchant dans le chenal une série de vagues latérales et soulevant vraisemblablement un gros objet affleurant à la surface qu’aucun de nous n’avait vu.

Nous ne savons toujours pas s’il s’agissait d’un énorme bois flottant ou d’un gros animal marin ; toujours est-il qu’en le heurtant dans le creux de la vague, le petit canot se souleva sur le côté, la partie bâbord de la coque presque complètement hors de l’eau, et manqua de chavirer. Ma mère et l’amie de la famille hurlèrent tandis que nous les enfants n’eûmes que le temps de constater que ma tête et mon bras droit effleuraient quasiment la surface de l’eau tandis mon frère, assis sur le côté opposé du canot, était « suspendu »  à environ un mètre d’altitude au-dessus de ma tête.

Mon père, qui pilotait à l’arrière, fit alors contrepoids de toute la force de ses 88 kilos pour empêcher le canot de chavirer et nous continuâmes notre route tout en reprenant notre souffle après cette belle frayeur.

Ce jour-là, Dieu permit à mon père de préserver l’intégrité physique de sa famille en lui inspirant le bon réflexe et en nous épargnant de chavirer, par 9 mètres de fonds, dans des eaux sombres. « Car il ordonnera à ses anges de te garder dans toutes tes voies; ils te porteront sur les mains, de peur que ton pied ne heurte contre une pierre. »
Psaume 91 vv. 11, 12

« Quand je dis: Mon pied chancelle! Ta bonté, ô Éternel! me sert d’appui. »
Psaume 94 :18
Même si notre canot heurta tout de même quelque chose, cela nous fit prendre conscience, de façon concrète, d’un des dangers nous menaçant et de la façon dont Dieu nous en délivra.
« L’Éternel s’avance comme un héros, Il excite son ardeur comme un homme de guerre; Il élève la voix, Il jette des cris, Il triomphe de ses ennemis. » Esaïe 42 v. 13

Auteur(s): Olivier REGIS