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L’îlet des hommes oubliés

« Car c'est une prophétie dont le temps est déjà fixé, elle marche vers son terme, et elle ne mentira pas; si elle tarde, attends-la, car elle s'accomplira, elle s'accomplira certainement. » Habacuc 2:3

Bonjour à tous. Vous avez sans doute entendu parler de l’île Tromelin, cette île française d’1km² (1700 m de long sur 700m de large), perdue dans l’ouest de l’Océan Indien, à environ 535 km au nord de la Réunion et à 450 km à l’est de Madagascar et sur laquelle la France entretient une station météorologique.
Cette île corallienne, qui est entièrement plate, sans source d’eau et dont le point culminant n’excède pas 6 mètres de haut, est fréquentée assidument par les oiseaux de mer et les tortues et balayée régulièrement par les flots (et accessoirement par les cyclones).
Au XVIIIe siècle, Tromelin fut le théâtre d’évènements à la fois tragiques et héroïques.

En effet, dans la nuit du 31 juillet au 01er août 1761, une frégate, dénommée L’Utile, de la Cie française des Indes orientales, fit naufrage sur les récifs entourant l’île de sable (c’est-à-dire Tromelin) avec à bord plus de 300 personnes dont 142 hommes d’équipages ainsi que 160 hommes, femmes et enfants embarqués à Madagascar et emmenés comme esclaves vers l’île Maurice. Au cours du naufrage, une vingtaine de marins et près d’une centaine d’esclaves enchaînés à fond de cale périrent.
Ainsi, 122 hommes d’équipage et une soixantaine d’esclaves parvinrent à gagner l’île et vécurent ensemble durant plusieurs semaines.
En trois jours, les survivants creusèrent un puits de 5 mètres de profondeur afin de trouver de l’eau potable et survivre. Au bout de deux mois, les 122 hommes d’équipage embarquèrent sur un radeau de fortune, non sans que le commandant en second, ayant pris le commandement, ait promis au préalable aux esclaves de revenir les chercher. Après 4 jours de navigation, l’équipage parvint à rejoindre Madagascar d’où il fut transféré sur l’île Bourbon (La Réunion) puis sur l’île de France (l’île Maurice). Mais les autorités françaises refusèrent de secourir les esclaves qui furent abandonnés à leur sort sur l’île de sable et durent s’organiser afin de survivre sur un îlot quasi désertique.

Après deux tentatives de secours avortées en 1773 (c’est-à-dire au bout de 12 ans !) et 1774 et une autre de quitter l’île en 1775 qui échoua (les 7 personnes qui tentèrent de le faire disparurent en mer), ce n’est finalement que le 29 novembre 1776, soit 15 ans et 4 mois après le naufrage que les survivants, 7 femmes et un bébé de 8 mois, furent secourus par la corvette La Dauphine, commandée par le chevalier de Tromelin (qui donna son nom à l’île). Les huit survivants furent recueillis sur l’île de France et affranchis ; le petit garçon reçut par ailleurs le nom de Moïse en référence à ce sauvetage.
Sources : Site internet du GRAN (groupe de recherche en archéologie navale) / Max Guérout (GRAN), Thomas Romon (INRAP), Tromelin, l’île aux esclaves oubliés, CNRS, 2010 / Irène Frain, Les naufragés de l’île Tromelin, 2009.

Même si nous nous sentons parfois abandonnés de tous sur cette terre, notamment lorsque nous traversons des épreuves fort douloureuses, une double promesse nous a été faite et au contraire des hommes qui, eux, sont faillibles, Celui qui l’a faite tiendra parole.
Primo, le Tout-Puissant est à nos côtés, y compris dans nos malheurs ; secundo, Il reviendra un jour mettre définitivement fin à la souffrance et accorder la vie éternelle.
« Ne t’ai-je pas donné cet ordre: Fortifie-toi et prends courage? Ne t’effraie point et ne t’épouvante point car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi dans tout ce que tu entreprendras. »    Josué chap. 1 v. 9

Auteur(s): Olivier REGIS