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Le cœur brisé

«L’Éternel (…) m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé… » Ésaïe 61.1

La réalité humaine crue est que nous avons tous le cœur brisé. Tous, nous avons besoin d’être guéris.
Et le problème commence exactement là :
Nous ignorons, nous nions, nous masquons que nous avons le cœur brisé, et, par voie de conséquence, nous ne recherchons pas la guérison.
Alors,  ayant le cœur brisé, nous sommes dans ce monde comme des morts vivants.
Nous ne goûtons pas à l’huile de joie. (Nous sommes dans le deuil.)
Nous ne portons pas un vêtement de louange. (Nous avons l’esprit abattu. Nous avons  un esprit qui vacille.)
Nous n’avons jamais porté une parure splendide sur notre tête car nous sommes coiffés de cendre…

Carl Jung a affirmé que « toute névrose a pour cause l’évitement d’une douleur nécessaire. » Pourquoi la douleur est-elle nécessaire ? Mais… parce que quand ça fait mal, il faut aller chez le dentiste ou chez le docteur ou chez un proche qui saura souffrir avec nous et écouter…

Richard Rohr a averti : « Une souffrance non guérie est une souffrance qui sera transmise. »
La question s’impose : « Qu’avez-vous fait de la douleur que vous avez subie, et des blessures que vous portez ? »

La triste et tragique réponse, si on est assez honnête pour la donner, est que nos afflictions se sont transformées en honte, cette honte qui nous dit que nous sommes méprisables, et qui nous tient à l’ombre de la mort. Et malheur à nous, si nous prenons la voix de notre honte pour la voix de Dieu…  Il n’y a pas de pire mensonge.

Victor Hugo, écrasé par le chagrin, et contemplant le Christ en croix, a écrit :

« Vous qui pleurez, venez à ce Dieu, car Il pleure.
Vous qui souffrez, venez à Lui, car Il guérit.
Vous qui tremblez, venez à Lui, car Il sourit.
Vous qui passez, venez à Lui, car Il demeure. » (Les Contemplations III, IV)

Quelle tendre invitation qui transformera nos soupirs en souffles d’espérance…

Lawrence Robert Yeagley, professeur, conférencier et aumônier, qui se décrit comme un homme qui a passé 30 ans de sa vie dans « le  laboratoire des espoirs brisés », déclare dans le dernier chapitre de son livre Guérir de son chagrin : « Chaque fois que je suis témoin de la guérison d’un esprit brisé, j’ai la conviction que guérir une âme qui souffre est le plus grand des miracles de Dieu. Oui, pour moi, la plus grande preuve que Dieu n’est pas mort, c’est la résurrection d’une personne ravagée par le chagrin et qui, une fois de plus, arrive à aimer et à servir les autres.  »

Source: Danièle Starenkyj© 2013 www.publicationsorion.com
Auteur(s): Danièle STARENKYJ