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Le 4e homme

« Je me disais : L’âge avancé saura parler, le grand nombre des années fera connaître la sagesse. Mais en réalité, dans un homme, c’est l’esprit, le souffle du Tout-Puissant qui lui donne l’intelligence. » Job 32:7-8

Vous avez tous entendu parler d’Alexandre Dumas (père) [1802-1870], l’auteur de la célébrissime trilogie Les Trois Mousquetaires, publiée entre 1845 et 1847 (et dont l’action se situe entre 1625 et 1660) ou encore de l’ouvrage Le Comte de Monte Cristo.
Ce qui est remarquable dans la renommée de cette œuvre, c’est que le plus célèbre des 3 mousquetaires n’est en fait aucun des trois mais il s’agit du …4e homme !
Ce n’est bien sûr personne d’autre que l’illustre personnage D’Artagnan, bien plus jeune au demeurant que ses 3 frères d’armes (Athos, Portos et Aramis).

Dans la Bible, il existe aussi une histoire où 3 antiques « mousquetaires » (Eliphaz de Témȃn, Bildad de Chouah et Tsophar de Naama) volent, non pas au secours du roi ou d’une belle, mais pour soutenir leur ami Job, accablé de malheurs voire frappé par les tragédies (décès de ses 10 enfants en un seul jour).
« Trois amis de Job apprirent tous les malheurs qui lui étaient arrivés et partirent chacun de son pays … Ils se concertèrent pour aller le plaindre et le consoler.
Ayant de loin levé les yeux sur lui, ils ne le reconnurent pas et se mirent à sangloter[…]. Ils s’assirent avec lui par terre, pendant sept jours et sept nuits…»
Job, chap. 2, vv. 11-13 (extraits)

Mais le plus célèbre des 3 amis de Job n’est autre qu’un 4e homme, beaucoup plus jeune, dénommé Elihou.

« Alors s’enflamma la colère d’Elihou, fils de Barakeel de Bouz, du clan de Ram. Sa colère s’enflamma contre Job parce qu’il se disait juste devant Dieu. Sa colère s’enflamma contre ses trois amis, parce qu’ils ne trouvaient rien à répondre et que néanmoins ils condamnaient Job. Comme ils étaient plus âgés que lui, Elihou avait attendu pour parler à Job.»
Job, chap. 32, vv. 2-4

Comme le déclarait récemment la responsable d’une faculté catholique du Portugal (et je pense que, sur ce point, elle a raison), Elihou est celui qui prépare Job à la réponse de Dieu (celle-ci intervient à partir du chapitre 38).
Ce qui m’a longtemps troublé, c’est qu’à la fin du livre de Job, Dieu s’adresse aux trois amis de Job pour condamner leur attitude et leurs propos mais en revanche, il n’est pas dit un mot concernant Elihou.

Est-ce à dire qu’Elihou soit considéré comme quantité négligeable, eu égard à son âge, par Dieu (ça je ne le crois pas) ou a contrario cela prouve-t-il un agrément tacite de la part de l’Eternel ? Je n’ai pas la réponse à cette question.

La conclusion se trouve peut-être dans la bouche même d’Elihou: « Je me disais : L’âge avancé saura parler, le grand nombre des années fera connaître la sagesse.
Mais en réalité, dans un homme, c’est l’esprit, le souffle du Tout-Puissant qui lui donne l’intelligence. »
Job, chap. 32, vv. 7-8

Puissions-nous, jeunes et vieux, en nous laissant conduire par Dieu et en faisant ce que nous savons être juste, honnête et miséricordieux, être le complément, le « 4e homme » des différentes équipes de mousquetaires qui font de leur mieux ici-bas.

Auteur(s): Olivier REGIS