Thème(s) :

Ladies & Gentlemen

« Je vous exhorte donc, (…) à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience, vous supportant les uns les autres avec charité. » Ephésiens 4 :1b-2

S’il y a un stéréotype de la dignité, c’est bien l’expression : « ladies & gentlemen ». En effet, utiliser le terme lady est extrêmement mélioratif. Quand il ne désigne pas directement le titre de noblesse, c’est un compliment que l’on pourrait offrir à une femme respectable, de par son rang, son éducation ou ses qualités…. Un gentleman est quant à lui, un homme de distinction, notamment par sa générosité, son courage, ses bonnes manières et sa galanterie envers les dames. On le dit “bien élevé”, car il a reçu une bonne éducation. Ces modèles classiques – certains diront rétros et dépassés – ne sont certes guère d’usage, mais restent quand même une signature d’étiquette. Bien au-delà du clivage chrétien et païen, l’apôtre Paul invite les Ephésiens « à marcher d’une manière digne ». Non pas une dignité directement liée à leur éducation, à leurs qualités propres et à leurs mérites mais étant dignes de la vocation qui leur a été adressée. Ce n’est pas d’une manière digne et orgueilleuse, égoïste, suffisante, arrogante, méprisante, hautaine ou dédaigneuse mais c’est avec humilité et douceur. L’apôtre Pierre, suscitant l’étonnement après avoir guéri un homme boiteux de naissance, s’écria : « Hommes israélites pourquoi vous étonnez-vous de cela ? Pourquoi avez-vous les regards fixés sur nous, comme si c’était par notre propre puissance ou par notre piété que nous eussions fait marcher cet homme ? » (Actes 3 : 12). De quels mérites sommes nous fiers ? Quelles sont ces vertus qui font de nous des ladies ou des gentlemen ? Nous sommes invités à marcher de manière digne, revêtus des qualités du Christ : humilité, douceur, amour et patience. Paul accorde une attention toute particulière à la patience, seule caractéristique qu’il commente. La patience est indéfectiblement liée à l’amour. Si nous ne sommes pas patients avec les autres, c’est parce que nous ne les aimons pas ou que nous nous aimons plus qu’eux. Nous sommes appelés à vivre ensemble au ciel après avoir vécu ici-bas en communauté dans la communion, nous supportant les uns les autres avec patience.

Auteur(s): Yohann GAVEAU