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La guérison une lutte ou un don ?

« C’est lui (…) qui guérit toutes tes maladies. » Psaumes 103:3

Il y a deux mois, j’ai rencontré une femme que j’avais perdue de vue depuis plus de vingt ans, mais avec bonheur nous nous sommes reconnues immédiatement.

Son sourire et ses yeux brillants m’ont dit qu’elle était heureuse et en paix.

Après un court échange des nouvelles de nos familles, elle me confia qu’elle venait d’avoir un cancer de l’ovaire qui s’était déclaré violemment et sans avertissement. Mon cœur s’est serré. Je connaissais son engagement de longue date envers un mode de vie sain… Comment avait-elle réagi ?

Le médecin l’avait immédiatement hospitalisée, et opérée dans les plus brefs délais. Elle fut sauvée.  Cela faisait plusieurs mois de cela et maintenant, elle était très bien.

Je la regardai avec intensité et lui dis : « Comme ça, vous avez été une combattante et vous avez survécu à cette tragédie…  Vous êtes solide.»

Sa réponse ne me quitte plus : « Non, non, je n’ai pas lutté. Comment aurais-je pu me battre ? J’étais si affaiblie, totalement anéantie,  complètement désarmée, impuissante, vulnérable… J’ai refusé le combat. J’ai préféré accueillir la guérison et l’attendre comme un don. »

À ce dernier mot, elle a levé les yeux au ciel. Je lui demandai : «comme  un don de Dieu ? » Presque gênée, elle me répondit : « Je ne sais pas… peut-être… oui…  »

Notre monde favorise une mentalité de batailleur  dans tous les domaines de la vie. On apprend très jeune  à se défendre et à menacer.  On croit qu’à force de déployer sa force physique ou morale, on viendra à bout de tout. On retire énormément de fierté de ses combats personnels. On chérit le sentiment, que l’on veut rassurant, de ne pas avoir  courbé l’échine.  On se doit d’être invincible. Et même confrontés à de fatales maladies, on proclame encore que l’on va mourir debout : reddition, abandon, soumission sont devenus des gros mots qui font frémir de colère et de révolte.

Pourtant quand on désire quelque chose, n’est-ce pas seulement les mains ouvertes et les bras tendus qu’on peut le recevoir ? Pourquoi donc tant de mains fermées et de bras croisés ? Et si l’on comprenait tout d’un coup que soumission n’est pas sujétion mais adhésion à ce que l’on choisit d’aimer ? Oui, lever les yeux au ciel, tendre les mains, et demander la guérison n’est pas faiblesse. C’est un moment de vérité qui installe dans une âme ce silence béni qui soudain dégonfle son ego surdimensionné. Alors le sentiment retrouvé de sa petitesse lui permet enfin de se réjouir de la grandeur de Dieu, et de ne plus étouffer son besoin urgent de bénéficier de son immense bonté.  « Quand un malheureux crie, l’Éternel entend, et il le sauve de toutes ses détresses. » (Psaumes 34.7)

La guérison : lutte ou don ? Le choix est le nôtre… mais prenons le temps de comprendre que le cri du cœur, aussi faible soit-il, a la puissance de délivrer  lorsqu’il s’adresse à Dieu.

Source: Danièle Starenkyj© 2013 www.publicationsorion.com
Auteur(s): Danièle STARENKYJ