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Jacob, un homme de prière.

« Jacob demeura seul. Alors un homme lutta avec lui jusqu'au lever de l'aurore. » Genèse 32:24

Jacob était passé par de nombreuses expériences douloureuses dans sa vie. Fils cadet d’une famille voulue et choisie par Dieu (le choix du couple Isaac/Rebecca était une réponse directe d’une prière adressée à Dieu), il avait été banni de cette  famille en crise, après avoir trompé son propre père pour obtenir la bénédiction qui revenait de droit à son frère ainé Esaü.  Après avoir été lui-même trompé par son beau-père qui lui avait donné comme épouse sa fille ainée Léa alors que Jacob aimait Rachel, il sera obligé de travailler 14 ans pour épouser celle qu’il aimait…

A présent Jacob avait quitté son beau-père et retournait sur sa terre natale en compagnie de ses deux femmes, de ses fils de ses filles et de ses troupeaux. C’est alors qu’il apprend que son frère Esaü (qui au moment de la tromperie de Jacob voulait le tuer) vient à sa rencontre avec 400 hommes armés.  A l’époque un accueil paisible et positif se faisait par l’envoi de cadeaux et de richesses à la personne arrivant ; à l’opposé une délégation composée d’une troupe d’hommes armés signifiait clairement que l’on n’était pas le bienvenu et que la seule solution était de rebrousser chemin et de fuir.  Jacob savait qu’il était trop tard pour fuir et que même s’il tentait de le faire, son frère le rattraperait très rapidement.  De plus toute sa vie, il avait fui loin de son frère et surtout il avait tenté d’échapper à la culpabilité qui rongeait son cœur.  Depuis sa jeunesse (et sa tromperie) et malgré le fait qu’il ait pu développer une réelle relation avec Dieu, cette culpabilité était comme un poids qui freinait sa marche  spirituelle et une souillure qui empoisonnait son quotidien.  Bien qu’il ait reçu de Dieu l’assurance de sa présence (des anges lui sont  apparus sur le chemin, voir Genèse 32 :1,2) il sent la peur et l’angoisse l’envahir.  Alors étant  apeuré, et plutôt que de sombrer dans le désespoir, il  décide de s’appuyer sur Celui qui ne l’a jamais abandonné : il prie l’Eternel,  il le supplie.

Le texte dit que Jacob demeure seul  (Genèse 32 :24) ; il y a des combats qui ne peuvent être menés que dans la solitude et le silence, seul face à Dieu. Tout chrétien, qu’il soit marié ou célibataire, qu’il ait de nombreux enfants ou de nombreux amis, doit un jour ou l’autre mener un combat spirituel seul, seul avec son Dieu.  On peut imaginer que Jacob pria ardemment cette nuit, il pria comme il n’avait jamais prié. Lorsque tout va bien,  nos prières semblent parfois vides de sens ou vaines ; mais face à la mort et à l’angoisse, nous comprenons que la qualité et l’intensité d’une vie de prière vont de pair avec la quantité de temps passé à prier. Soudain, il sent  la présence d’un inconnu et dans ce contexte de guerre et de massacre, il lutte pour sauver sa vie. Le salut qu’il obtiendra s’appuie sur deux vertus essentielles pour remporter le combat : la persévérance et la foi. Il faut de la persévérance pour continuer à implorer le ciel quand tout semble fini. Il faut surtout de la foi pour se confier en Dieu et croire qu’il est capable de nous délivrer et de nous bénir ; il en faut pour lui demander d’être béni pour être guéri de la malédiction de la culpabilité. Jacob lutta et vainquit par la foi…Dieu bénit son serviteur et les retrouvailles avec son frères furent émouvantes et chaleureuses. Finalement le combat solitaire que Jacob dut mener eu des  conséquences heureuses pour toute sa famille (qui fut saine et sauve au lieu d’être massacrée). Ainsi, bien que le salut a toujours été et sera toujours individuel, les combats que l’on mène dans la solitude sont une bénédiction pour toute notre famille. Il en fut ainsi pour Noé et sa famille (Genèse 6:8,18) ou pour le geôlier de la ville de Philippes (Actes 16:30,31)… et pour Jacob.
Puissions – nous  en ce jour accepter  de livrer nos batailles en solitaire, de nous appuyer sur Dieu par la foi pour vaincre, afin d’être une bénédiction –plutôt qu’une malédiction– pour toute notre famille.

Auteur(s): Léon GUSTARIMAC