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Des dissidents bien décidés

«  Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici, le diable jettera quelques-uns de vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours.
Sois fidèle jusqu'à la mort, et je te donnerai la couronne de vie.
Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises: Celui qui vaincra n'aura pas à souffrir la seconde mort. » Apocalypse 2 : 10-11

Il est un épisode de l’histoire de la 2nde guerre mondiale peu connu des Français mais que les Antillais connaissent particulièrement bien car, si ce fut un sujet de devoir et de fierté, il fut par la suite sujet de frustrations et de désillusions.
Après la débâcle française de mai-juin 1940 (environ 90 000 soldats et 30 000 civils français tués ou blessés), les Antilles furent sous le contrôle d’un Amiral du nom de Robert, aux ordres du gouvernement pétainiste de Vichy.

Le terme  « dissidents » désigne en fait, dans ce contexte, les  Guadeloupéens et Martiniquais qui refusèrent de reconnaître la défaite de la France, en juin 1940, et de se plier à l’autorité des représentants du gouvernement de Vichy basés à Fort-de-France. On disait alors de ces jeunes gens qu’ils étaient « partis en dissidence » ou encore « entrés en dissidence ».

En fait, à l’instar des quelques milliers de Français qui quittèrent l’hexagone (comptant alors 40 millions d’habitants)  pour se rendre en Angleterre à partir de juin 1940, plusieurs centaines de jeunes Antillais (sur une population d’environ 200 000 habitants pour chacune des 2 îles à l’époque), répondirent à l’appel du Général de Gaulle à délivrer la « Mère Patrie ». Ils quittèrent clandestinement leurs îles entre 1940 et 1943, en direction de Sainte-Lucie ou de la Dominique, qui étaient alors des colonies britanniques, avant d’être transférés aux Etats-Unis (essentiellement à Fort Dix, dans le New Jersey) pour y être entraînés au combat.

D’autres guerriers antillais (comme le grand érudit guadeloupéen feu Guy Cornély, à bord du cuirassé Courbet) furent parmi les premiers Français à poser le pied en Normandie dans les heures et les jours qui suivirent le débarquement du 06 juin 1944.

Cette période de « la dissidence » s’acheva en juillet 1943 avec le ralliement des Antilles et de la Guyane françaises à la France libre. Beaucoup de ces dissidents, rejoints par les jeunes engagés post-juillet 1943, furent de toutes les campagnes nord-africaines puis européennes (comme la bataille du Mont-Cassin en Italie ou encore les combats en France et en Allemagne) et participèrent également pour nombre d’entre eux au débarquement de Provence en août 1944.

Excepté quelques-uns d’entre eux, il fallut attendre le 25 juin …2009, soit plus de 64 ans après la fin des combats de la 2nde guerre mondiale pour qu’un président français les décore enfin de la légion d’honneur ! Entre temps, la grande majorité s’est endormie dans la tombe. Les divers traitements inégalitaires et injustes, la frustration et les affronts subis ont même poussé certains à devenir des militants anticolonialistes, voire des adversaires de l’armée française durant la guerre d’Algérie, comme par exemple le célèbre docteur martiniquais Frantz Fanon (qui s’engagea à 17 ans et combattit les Allemands de 1944 à 1945).

Même plusieurs décennies après, les autorités françaises faisaient subir à ces anciens combattants de multiples affronts. Il aura fallu des évènements sociaux et des émeutes en février-mars 2009 en Guadeloupe et en Martinique pour que l’Etat français répare partiellement cet “oubli” (tous les dissidents et anciens combattants survivants n’ont cependant pas été décorés!).

Au-delà de l’ingratitude qu’ils reçurent en retour de leur engagement, retenons l’idée que ces dissidents étaient décidés, au prix de leur intégrité physique et de leur vie (certains sont revenus mutilés et d’autres ne sont jamais revenus) à défendre des idéaux ainsi qu’un pays qui, à leurs yeux et à ce moment-là, les représentait.

Un autre engagé de 1943, qui envisageait à son retour la lutte armée contre la présence française aux Antilles, a abandonné ses projets (comme l’a très bien relaté un de ses  fils qui est lui-même pasteur) pour devenir pasteur de l’église adventiste du 7ème jour en Martinique et lutter contre notre véritable adversaire, l’ennemi de nos âmes.

Tout comme ce Martiniquais, entrons de façon décidée en dissidence contre le diable et ses démons qui veulent nous emmener avec eux dans l’étang de feu et de soufre où ils périront :
« Je vous montrerai qui vous devez craindre. Craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir de jeter dans la géhenne; oui, je vous le dis, c’est lui que vous devez craindre. »
Luc 12 v. 5
« Mais un feu descendit du ciel, et les dévora. Et le diable, qui les séduisait, fut jeté dans l’étang de feu et de soufre, où sont la bête et le faux prophète. »
Apocalypse 20 v. 9b-10a
Engageons-nous donc dans l’armée divine, déjà triomphante, et pour participer à cette victoire (qui sera totale avec l’anéantissement futur du diable, de la mort et du péché), refusons la dictature cruelle mais temporaire de ce monde terrestre :
« Et je vis des trônes; et à ceux qui s’y assirent fut donné le pouvoir de juger. Et je vis les âmes de ceux qui avaient été décapités à cause du témoignage de Jésus et à cause de la parole de Dieu, et de ceux qui n’avaient pas adoré la bête ni son image, et qui n’avaient pas reçu la marque sur leur front et sur leur main. Ils revinrent à la vie, et ils régnèrent avec Christ pendant mille ans. Les autres morts ne revinrent point à la vie jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis. C’est la première résurrection.
Heureux et saints ceux qui ont part à la première résurrection! La seconde mort n’a point de pouvoir sur eux; mais ils seront sacrificateurs de Dieu et de Christ, et ils régneront avec lui pendant mille ans. » Apocalypse 20 vv. 4-6

Auteur(s): Olivier REGIS