Thème(s) :

Canaliser sa colère en lui donnant un lieu

« Ne vous faites pas justice vous-mêmes, bien-aimés, mais donnez un lieu à la. colère, car il est écrit : C'est moi qui fais justice. C'est moi qui paierai de retour, dit le Seigneur. » Romains 12:19

Les moines disent que pour atteindre la sérénité, il faut se battre avec neuf passions. La colère en fait partie. Néanmoins, ils insistent en disant que cela ne veut pas dire que nous devions éliminer ces passions, mais qu’il nous faut les dominer pour les mettre au service de la Vie. C’est cela le vrai combat contre les conséquences néfastes de la colère. Non pas l’étouffer mais l’utiliser, la transformer. Ainsi « canalisée » elle peut même alimenter le feu de notre vie spirituelle et devenir source d’énergie vitale.

Que faire alors de la colère ? Lui donner un cadre, ou un « lieu » comme dit l’apôtre Paul, pour que cette agressivité se transforme en énergie positive. La meilleure manière de « rejeter » la colère, c’est donc de l’utiliser pour fertiliser le terreau de notre volonté et de notre maîtrise personnelle. On compare souvent la colère à un volcan. On sait que la lave fertilise… Les terres volcaniques sont particulièrement riches ! La colère peut donc devenir une énergie de vie qui nous aide à grandir et à nous affirmer en nous permettant de mieux prendre conscience de qui nous sommes.

C’est aussi l’occasion d’apprendre à oser dire « non ». C’est également cela donner un lieu adéquat à la colère. Car bien souvent la colère déborde de notre frustration de ne pas avoir su dire non. Savoir dire non, sans se laisser envahir par la culpabilité ou la peur du regard de l’autre. S’il nous arrive de devenir violents, l’origine en est souvent le refoulement de la peur et de la culpabilité. Avouons-le : souvent nous avons peur de dire non et si nous y arrivons, nous nous sentons coupables de l’avoir dit. Dans ce sens, Jésus nous offre une parole extrêmement libératrice : «Que votre parole soit «oui, oui», « non, non » ; ce qu’on y ajoute vient du Diable ! » (Matthieu 5.37). Il nous invite ainsi à oser un positionnement clair et sans ambiguïté, tout en nous libérant du devoir de justification dans lequel nous nous enfermons trop souvent. Nous avons le droit de dire NON à quelqu’un tout en renonçant catégoriquement à entrer sur un chemin où nous nous sentons obligés de justifier ce NON…D’ailleurs, souvent tout dérape lorsque nous nous engageons sur le terrain scabreux de l’autojustification.

Finalement, le texte de Paul aux Romains, cité plus haut, nous rappelle que Dieu seul fait néanmoins pleinement justice. Laissons donc à Dieu ce qu’il lui appartient ! De plus n’avez-vous jamais remarqué que le mal est généralement « biodégradable » ? Que celui  qui détruit finit en fin de compte par s’autodétruire…

Source: Adapté du livre "Aube Nouvelle" (www.viesante.com)
Auteur(s): Thierry LENOIR