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Réagir contre son dialogue intérieur

« Portez votre attention sur tout ce qui est vrai, respectable, juste, pur, agréable et honorable. » Philippiens 4:8

Cette invitation à « bien orienter » son regard vient de la lettre de l’apôtre Paul adressée aux Philippiens. C’est sans doute la dernière qu’il a écrite, en des temps douloureux puisqu’il était  en prison. Peu de temps après, il fut exécuté. Pourtant, alors qu’il aurait pu se laisser envahir par l’amertume, cette courte épître déborde de l’expression de la joie et de la sérénité. Juste avant le texte cité ci-dessus il écrivait : « Réjouissez-vous toujours dans le Seigneur; je le répète, réjouissez-vous! Que votre attitude conciliante soit connue de tous… » Il montre là la clef de sa sérénité : le bonheur est davantage le résultat d’une attitude que la conséquence des événements qui nous arrivent. En un mot : c’est davantage une question de choix. Nous pouvons donc choisir de ne pas nous laisser envahir par la colère et l’animosité vis-à-vis de l’autre… Et pourtant, combien de fois ne choisissons-nous pas d’être l’artisan de notre propre malheur en développant en nous un scénario porté par l’amertume, la colère ravageuse, la suspicion, l’imagination… à l’image de l’anecdote suivante :

Un homme tombe en panne de voiture. Le pneu est à plat. C’est la nuit, en pleine montagne. Tout est enneigé. Comble de malheur, notre homme n’a pas de cric. Que faire ? Il aperçoit une maisonnette. Il y a encore de la lumière. Espoir. « Je vais tout de suite chercher de l’aide. Ils auront certainement un cric à me prêter», se dit- il. Sans attendre, notre homme se met à gravir la montagne, à travers les champs enneigés. « Je trouverai certainement des gens qui se feront un plaisir de m’aider. On est tellement hospitalier à la campagne », se dit-il. Tout en marchant, les pensées s’entrechoquent dans son esprit : « Peut-être me demanderont-ils une caution avant de me laisser le cric ? I l y a tant de gens malhonnêtes de nos jours. Ils auraient bien raison de se méfier ! » La montée devient pénible. « Ils vont certainement me demander une forte caution. Peut-être même une location ! Les gens de la campagne sont tellement futés… Les pas deviennent de plus en plus lourds et les réflexions pesantes. « Ils vont me faire payer très cher. Ils se rendront vite compte que j’ai vraiment besoin de ce cric. Ils en profiteront malhonnêtement, c’est certain ! » Notre homme commence à ruminer de sombres pensées. Il s’enfonce de plus en plus dans la neige. « Ce sont des voleurs et moi je ne suis qu’un naïf! » Il arrive devant la chaumière. Sans frapper, il pousse le battant de la porte. Il se trouve en présence d’un vieux couple. Ils le regardent, ébahis. Furieux, notre homme lance: “Votre cric, vous pouvez le garder. Je n’en ai rien à faire!” Et tournant les talons, il part en claquant la porte…

Source: Adapté du livre "Aube Nouvelle" (www.viesante.com)
Auteur(s): Thierry LENOIR