Thème(s) :

Plongés dans un bourbier

« J'avais mis en l'Éternel mon espérance;
Et il s'est incliné vers moi, il a écouté mes cris.
Il m'a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue;
Et il a dressé mes pieds sur le roc, Il a affermi mes pas. »
Psaume 40:2-3

Depuis la fin de l’année 2011, la baie de Fort-de-France, en Martinique, fait partie, avec une trentaine d’autres baies à travers le monde, du « club des plus belles baies du monde » qui regroupe une trentaine de baies, dont depuis déjà de nombreuses années, la baie des Saintes en Guadeloupe, la baie d’Ha-Long au Viêt-Nam ou encore celle de San Francisco en Californie. La baie de Fort-de-France, profonde d’une vingtaine de kms et large, dans sa partie la plus étroite, de 6 à 10 km, comporte une grande diversité de rivages : plages de sable fin, mangroves avec palétuviers, marécages, récifs et côtes rocheuses hautes de plusieurs dizaines de mètres, etc…
C’est dans le sud-est de cette baie foyalaise qu’en 1964, un jeune Martiniquais de 22 ans (de retour dans son pays, deux ans après avoir été appelé sous les drapeaux durant la guerre d’Algérie) décida d’aller pêcher à bord du  canot de son père, un pêcheur passionné tout comme lui.
(NDLR : l’adjectif « foyalais » fait allusion à ce qui relève de Fort-de-France ; il dérive d’une contraction de l’ancien nom de la ville, Fort-Royal, qui a donné « foyal », autre appellation de Fort-de-France revêtant un caractère affectueux)

En s’approchant de la mangrove, dans des eaux ne laissant pas paraître le fond, le canot s’enlisa sur un haut fond (ou « sek » en créole) ; le jeune homme se jeta alors dans les 40 cm d’eau afin de le dégager.
Mal lui en prit ! Il s’enfonça presque automatiquement jusqu’aux cuisses.
Ce n’était pas du sable mais bel et bien de la vase visqueuse. Chaque mouvement aspirait de plus en plus le jeune homme dans ce qui semblait être des sables mouvants sous-marins !
Le jeune homme eut alors l’inspiration de ne pas tenter de prendre appui sur ses jambes mais de s’agripper au canot ;  il se hissa à son bord à la force des bras et en prenant appui uniquement sur le petit bateau. C’est ainsi qu’il parvint à s’en sortir.
« J’enfonce dans la boue, sans pouvoir me tenir; je suis tombé dans un gouffre, et les eaux m’inondent.
[ ] …Retire-moi de la boue, et que je n’enfonce plus! Que je sois délivré de mes ennemis et du gouffre! Que les flots ne m’inondent plus, que l’abîme ne m’engloutisse pas, et que la fosse ne se ferme pas sur moi! » Psaume 69 vv. 3, 15-16

Tout comme dans cette mésaventure vécue par mon père, il y a environ cinquante ans, dans la vie courante, au sens propre comme au figuré, si nous prenons appui sur nos propres ressources qui ne sont pas des fondements solides, nous ne nous en sortirons pas.
Pour se sortir de la vase, du bourbier des épreuves, de nos défauts et de nos faiblesses, il nous faut prendre pleinement appui sur le Très-Haut.

Comme le dit un vieux cantique très apprécié par un de mes proches, et s’inspirant du psaume cité plus bas : « Plongé dans un bourbier de fange, je me débattais mais en vain,
Quand Jésus vint, mystère étrange, me saisir par la main
[ ]…Il me tira du sombre abîme, dressa mes pieds sur le rocher »

Puissiez-vous chaque jour, au lieu de vous débattre vainement dans les marécages et « sek » traîtres de l’existence, vous en remettre à celui qui délivre toujours et puissiez-vous faire vôtres ces paroles de David rédigées il y a plus de trois mille ans :
« J’avais mis en l’Éternel mon espérance;
Et il s’est incliné vers moi, il a écouté mes cris.
Il m’a retiré de la fosse de destruction, du fond de la boue;
Et il a dressé mes pieds sur le roc, Il a affermi mes pas. »
Psaume 40 vv. 2, 3

Auteur(s): Olivier REGIS