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Sur l’eau douce comme sur l’eau salée

« De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu'il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l'eau douce et l'eau amère? Un figuier, mes frères, peut-il produire des olives, ou une vigne des figues? De l'eau salée ne peut pas non plus produire de l'eau douce. » Jacques 3 : 10-12

Dans la ville de Fort-de-France, à la Martinique, au cimetière de la Levée aussi appelé « cimetière des riches », il y a une stèle dédiée à la mémoire des « naufragés de la Ville de Saint-Nazaire, 06 mars 1897 ».

Le paquebot Ville de Saint-Nazaire, navire d’environ 90 mètres de long, sortit des chantiers de Saint-Nazaire (où il fut construit par les chantiers de l’Océan, basés à Bordeaux), en 1871. Il voyagea en Méditerranée (Afrique du Nord), sur les eaux de l’Océan Atlantique (Antilles françaises, New York, Guyane), de la mer des Caraïbes (Colon au Panama, Haïti), du Pacifique (Valparaiso au Chili et Vera Cruz au Mexique après avoir traversé le détroit de Magellan) et de l’Océan Indien (Nouvelle Calédonie) sans oublier la Manche ou encore les estuaires de la Loire et de la Seine.

Ce bateau, qui navigua aussi bien sur les eaux salées des océans que sur les eaux saumâtres des estuaires, eut vraiment un destin singulier, sauvant des vies et en condamnant d’autres.
C’est ainsi que le Ville de Saint-Nazaire permit de sauver, au début du mois de janvier 1888, les marins d’un navire à vapeur anglais naufragé en 1888, le Bengale qui était en train de couler. Une médaille lui fut d’ailleurs attribuée suite à cet évènement.
Cependant, fin février 1888,  il subit lui-même une collision avec un autre navire qui l’aborda non loin de la ville du Havre et l’endommagea. Episode moins glorieux, il fut affrété en 1891 pour servir au transport des bagnards vers la Nouvelle-Calédonie. Il servit également en mars 1895 de moyen de transport pour la déportation de Dreyfus au bagne de Guyane.

Environ deux ans plus tard, lors d’un voyage entre New-York et Fort-de-France, il fut victime le 06 mars 1897 d’une voie d’eau durant une tempête dans l’Atlantique. Selon les sources, entre 83 et 85 personnes (passagers et membres d’équipage, dont de nombreux Antillais) se trouvaient alors à bord et durent évacuer le navire. Moins de 20 survivants, dérivant à bord de chaloupes, furent recueillis une semaine plus tard par plusieurs navires. Au final, ce naufrage fit une soixantaine de victimes dont apparemment plusieurs dizaines de Martiniquais, d’où la stèle sur laquelle figurent 38 noms (probablement les victimes martiniquaises).

Tout comme ce navire au destin particulier, ayant contribué à épargner des vies et à en détruire, nous naviguons trop souvent entre deux eaux, alternant entre de bons comportements et nos mauvais penchants. Comme le rappelle Paul, nous ne pouvons y arriver de nos propres forces : « … je ne fais point ce que je veux, et je fais ce que je hais.
[ ]…Car je ne fais pas le bien que je veux, et je fais le mal que je ne veux pas. »
Romains 7 vv. 15b, 19
Soumettons donc notre volonté à Dieu afin, par sa puissance, d’y parvenir. Même si certaines habitudes semblent indéfectibles et ressurgissent, Dieu peut et veut nous permettre de triompher d’elles. « Il n’y a donc maintenant aucune condamnation pour ceux qui sont en Jésus Christ. En effet, la loi de l’esprit de vie en Jésus Christ m’a affranchi de la loi du péché et de la mort. Car…Dieu a condamné le péché dans la chair, en envoyant, à cause du péché, son propre Fils dans une chair semblable à celle du péché »  Romains 8 vv. 1-3

Auteur(s): Olivier REGIS