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La parole, un outil de lutte

« Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l'indigent. » Proverbe 31 : 8, 9

Beaucoup connaissent ces célèbres vers d’Aimé Césaire (illustre homme politique et de lettres martiniquais, 1913-2008), figurant dans son célèbre Cahier d’un retour au pays natal, paru en 1939 : « Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n’ont point de bouche,
Ma voix, la liberté de celles qui s’affaissent au cachot du désespoir »

Mais savez-vous qu’il y a environ 3000 ans, un certain roi Lémouel retranscrivait les instructions que lui donnait sa mère :
« Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés.
Ouvre ta bouche, juge avec justice, et défends le malheureux et l’indigent. »
Proverbe chap. 31 vv. 8, 9
Je pense (Je peux me tromper… mais on reviendra une autre fois sur ce point par un autre exemple!) que Césaire s’est inspiré de ces vers de Salomon pour rédiger les siens.

Quoi qu’il en soit, ces deux textes nous invitent à prendre position pour LA justice !
Non pas celle des tribunaux à qui il arrive, comme tout ce qui est humain et donc imparfait, de se montrer froide, cruelle, voire injuste et qui conduit parfois à la condamnation d’innocents ou au contraire à l’absolution de criminels bien coupables. Et qui peut vous condamner, par-dessus le marché, si vous osez commenter une décision de justice ! Nous parlons bien de LA Justice, celle qui œuvre pour accomplir ce que nous savons être juste. Cela peut se faire en accomplissant notre part, tant dans les grandes causes que pour chaque petite occasion qui nous est donnée.

Attention ! Pour (sans jeu de mots) se montrer juste (et ne pas me fâcher avec une de mes cousines ainsi qu’une belle-sœur qui y travaillent), l’administration judiciaire demeure nécessaire et utile ici-bas et condamne également les vrais coupables en garantissant, en théorie mais aussi quand même en pratique, non seulement un minimum d’égalité devant le Droit pour tous (en dépit des injustices) mais encore de façon générale ce qu’on appelle l’Etat de droit.

D’ailleurs, je ne vous lancerai pas d’invitation à devenir anarchiste et à « jeter le bébé avec l’eau du bain » car l’apôtre Paul déclare dans son épître aux Romains chap. 13 vv. 4b-6 :
« … car ce n’est pas en vain qu’il (le magistrat ou encore l’autorité) porte l’épée, étant serviteur de Dieu pour exercer la vengeance et punir celui qui fait le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement par crainte de la punition, mais encore par motif de conscience. C’est aussi pour cela que vous payez les impôts*. Car les magistrats sont des ministres de Dieu entièrement appliqués à cette fonction. »
*Bien souvent, hélas !,  trop élevés à mon goût. Mais ils sont tout de même nécessaires.

En résumé, quand nous avons le choix entre nous taire pour ne pas « essuyer de plâtre » (et demeurer dans notre bonheur tranquille tout en laissant des individus souffrir injustement) ou faire face en dénonçant et en agissant, même si cela a un coup, Dieu nous invite à parler et à agir… tout en réfléchissant pour nous montrer à la fois efficaces et prudents : « Voici, je vous envoie comme des brebis au milieu des loups. Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. » Paroles de Jésus à ses disciples dans l’Evangile selon Matthieu chap. 10 v. 16

Auteur(s): Olivier REGIS