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Substantifique moelle

« L'Éternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette montagne, un festin de mets succulents ; un festin de vins vieux, de mets succulents, pleins de moelle, de vins vieux, clarifiés. » Esaïe 25:6

En 2009 (ou 2010, j’hésite car les années passent si vite), tout en me rendant au travail, j’entendis sur les ondes de Radio Espérance émettant depuis l’île de la Martinique la citation suivante :

« En pleine angoisse, ne perds jamais espoir
Car la moelle la plus exquise est dans l’os le plus dur. »
Hafez

Hafez, de son vrai nom Chams al-Din Mohammad dit Hafiz (Hafez ou Hafiz étant, en réalité, à la fois un surnom et un titre honorifique), poète lyrique et philosophe persan (actuel Iran) vécut au XIVe siècle soit durant la fin de la période dite de l’âge d’or de l’Islam.
Cette citation imagée, très explicite et fort encourageante met le doigt sur l’importance que revêtait, aux yeux des peuples du Proche et Moyen Orient, la moelle en tant que met de choix.
Cela est si vrai que les écrits du prophète juif Esaïe, pour décrire et imager le bonheur promis à tous les hommes qui font confiance à Dieu et lui demeurent fidèles, déclarent que :
« L’Éternel des armées prépare à tous les peuples, sur cette montagne, un festin de mets succulents ; un festin de vins vieux, de mets succulents, pleins de moelle, de vins vieux, clarifiés. »
Esaïe chap. 25 v. 6
C’est aussi le cas dans d’autres cultures : Ainsi, les Antillais se reconnaîtront-ils avec la fameuse « soupe de pied » (de bœuf), très appréciée pour…sa moelle !

Attention ! Ne prenez pas le passage biblique ci-dessus comme prétexte pour justifier une quelconque consommation d’alcool et faire excès de viande(s).
Nous en reparlerons ultérieurement mais d’ores et déjà, pour bien vous en convaincre, voici un autre exemple où le vin n’a pas une connotation très positive car il est utilisé comme descriptif de la colère de Dieu et du jugement dernier.

« Et un autre, un troisième ange les suivit, en disant d’une voix forte: Si quelqu’un adore la bête (qui représente une entité satanique opposée à Dieu) et son image, et reçoit une marque sur son front ou sur sa main, il boira, lui aussi, du vin de la fureur de Dieu, versé sans mélange dans la coupe de sa colère, et il sera tourmenté dans le feu et le soufre, devant les saints anges et devant l’agneau. »
Apocalypse chap. 14 vv. 9-10
Précision ! Dans l’antiquité, le vin, qui était souvent aigre, était mélangé avec de l’eau pour être mieux apprécié ou du moins mieux toléré par le palet et l’estomac.

Revenons à notre moelle ! Le passage d’Esaïe faisant allusion au fameux festin est encadré par l’énoncé de toutes les difficultés dont Dieu nous délivre lorsque nous nous y trouvons.
« Tu as été un refuge pour le faible, un refuge pour le malheureux dans la détresse ; un abri contre la tempête, un ombrage contre la chaleur.
[ ] …Il anéantit la mort pour toujours. Le Seigneur, l’Éternel, essuie les larmes de tous les visages, Il fait disparaître de toute la terre l’opprobre de son peuple.»
Esaïe chap. 25 v. 4, 8

Enfin,  la solution (l’attitude à adopter face aux épreuves) ainsi qu’une douce espérance (et une ferme assurance) nous sont données dans le même passage :
« A celui qui est ferme (au sens de fidèle) dans ses sentiments, tu assures la paix, la paix, parce qu’il se confie en toi. »
Esaïe chap. 26 v. 3

Auteur(s): Olivier REGIS