Thème(s) :

Orgueil et vanité

« Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu'un seul remporte le prix? Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s'imposent toute espèce d'abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. »1 Corinthiens 9:24-25

Outre ce petit clin d’œil, via le titre, à l’illustre ouvrage (Pride and Prejudice  allias Orgueil et Préjugés en français) d’une célèbre femme de lettre britannique, souffrez qu’il vous soit relaté une anecdote mettant en scène ma grand-mère maternelle.
Au cours de la 1ère moitié des années 1980, un de mes cousins, répondant au prénom de Richard, fut régulièrement champion de la Guadeloupe de natation et l’un des meilleurs nageurs des Antilles et Guyane françaises et de la Caraïbe. A cette (déjà lointaine !) époque, il y avait une unique chaîne de télévision et le journal télévisé était quasiment un moment sacré de la soirée, unanimement suivi (pour cause !) par l’immense majorité de la population sur les petits écrans.A la fin de ce qu’on appelait encore les actualités, il y avait les résultats sportifs. Il était donc fréquent d’entendre en ce temps-là, sur les écrans de télévision en Guadeloupe, que Richard M. avait remporté telle ou telle course.

Un jour où une partie de la famille était réunie chez mes grands-parents maternels, dans la commune du Moule en Guadeloupe, on annonça aux infos que Richard n’avait terminé « que » 2nd d’une course de natation. Aussitôt, l’on entendit depuis une maison voisine, distante d’une vingtaine de mètres, une voix féminine et assez mûre s’exclamer en créole : « Koman ?! Yo pa ka gannyé anko ?! »
(Traduction : « Que se passe-t-il ?! Ils ne parviennent plus à gagner !?).
Et là, quasi imperturbable, assise dans sa berceuse créole face au téléviseur et en détournant à peine la tête, ma grand-mère répondit d’une voix suffisamment audible à vingt mètres à la ronde : « O moin, yo ka nomé nom ay’i a la télé! » (Traduction : « Mais au moins l’on cite son nom [sous-entendu le nom de famille des grands-parents] à la télévision ! »).

Au-delà de cette anecdote, sur l’orgueil familial, qui prête à sourire, cela rappelle dans un autre contexte, plus large, une déclaration du sage Salomon :
« Vanité des vanités, dit l’Ecclésiaste, vanité des vanités, tout est vanité.
Quel avantage revient-il à l’homme de toute la peine qu’il se donne sous le soleil?
Une génération s’en va, une autre vient, et la terre subsiste toujours. [ ]…Ce qui a été, c’est ce qui sera, et ce qui s’est fait, c’est ce qui se fera, il n’y a rien de nouveau sous le soleil. S’il est une chose dont on dise: Vois ceci, c’est nouveau! Cette chose existait déjà dans les siècles qui nous ont précédés. On ne se souvient pas de ce qui est ancien; et ce qui arrivera dans la suite ne laissera pas de souvenir chez ceux qui vivront plus tard. »
Ecclésiaste 1 vv. 2-4, 9-11
Au-delà de la gloire éphémère de cette existence et de la vanité de nos courtes vies, visons comme Paul la gloire et la couronne incorruptibles : « Ne savez-vous pas que ceux qui courent dans le stade courent tous, mais qu’un seul remporte le prix?
Courez de manière à le remporter. Tous ceux qui combattent s’imposent toute espèce d’abstinences, et ils le font pour obtenir une couronne corruptible; mais nous, faisons-le pour une couronne incorruptible. »
1ère épître aux Corinthiens chap. 9 vv. 24-25
Et comme Esaïe, cité et paraphrasé quelques siècles plus tard par Pierre, rappelons-nous que « … Toute chair est comme l’herbe, et tout son éclat comme la fleur des champs. L’herbe sèche, la fleur tombe, quand le vent de l’Éternel souffle dessus. Certainement le peuple est comme l’herbe: L’herbe sèche, la fleur tombe; mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement. »
Esaïe 40 vv. 6b-8
« Car toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe. L’herbe sèche, et la fleur tombe; mais la parole du Seigneur demeure éternellement. »
1ère épître de Pierre chap. 1 vv. 24-25

Auteur(s): Olivier REGIS