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L’Art antillais de la pêche

«Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez. Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons.» Jean 21:6

En novembre 2011, le prix Goncourt 2011 fut décerné à Alexis Jenni (professeur de SVT ou biologie à Lyon) pour son premier roman, L’Art français de la guerre (640 p.) paru chez Gallimard. Il y traite des guerres coloniales (ou plutôt de décolonisation) françaises du XXe siècle dont notamment celles d’Indochine et d’Algérie.

Comme vous le savez, c’est à la bataille de Diên Biên Phu, où les troupes du général vietnamien (et vietcong) Giap l’emportèrent le 07 mai 1954 sur un corps expéditionnaire français d’environ 15 000 hommes assiégé durant plusieurs semaines, que la France fut définitivement vaincue en Indochine après plus de sept ans de guerre pour se maintenir dans cette ancienne colonie.

C’est également en 1954 que des pêcheurs martiniquais découvrirent un haut fond (aussi appelé « sek »), situé à 40 km au Nord-Est de la Martinique et à environ 100 mètres de profondeur (au sein d’abysses atteignant par endroits les 2000 mètres de profondeur).

Ce banc de sable, qui fut baptisé « banc Diên Biên Phu » en raison de l’époque de sa découverte concomitante avec la bataille, se situe exactement au milieu de la ligne de partage des eaux territoriales des îles de la Martinique et de la Dominique.

Sources : Patrice Roth « Multiples contentieux de basse intensité » in Espaces maritimes, Atlas Caraïbe, Université de Caen

Michel Desse «Perceptions et pratiques territoriales des littoraux de la Caraïbe » in Etudes Caribéennes n° 3 déc 2005

Tout comme pour les fameux DCP (Dispositifs de Concentration de Poissons) fabriqués par l’homme et immergés par exemple au large de la Martinique, ce banc naturel est une zone extrêmement poissonneuse.

Je vous laisse (pour aujourd’hui sans autre commentaire) avec un autre artiste, que dis-je, un orfèvre de l’art de la pêche (pêche d’hommes et de poissons inclus) qui surpasse, et de loin, tous les spécialistes de l’art de la guerre. Il connaît les meilleurs coins et les bancs poissonneux (au sens propre comme au figuré) où lancer les lignes et filets des actions et intentions de notre existence.

« Simon Pierre, Thomas, appelé Didyme, Nathanaël, de Cana en Galilée, les fils de Zébédée (c-à-d Jacques et Jean), et deux autres disciples de Jésus, étaient ensemble.

Simon Pierre leur dit: Je vais pêcher. Ils lui dirent: Nous allons aussi avec toi. Ils sortirent et montèrent dans une barque, et cette nuit-là ils ne prirent rien. Le matin étant venu, Jésus se trouva sur le rivage; mais les disciples ne savaient pas que c’était Jésus. Jésus leur dit: Enfants, n’avez-vous rien à manger? Ils lui répondirent: Non.

Il leur dit: Jetez le filet du côté droit de la barque, et vous trouverez.

Ils le jetèrent donc, et ils ne pouvaient plus le retirer, à cause de la grande quantité de poissons. Alors le disciple que Jésus aimait (c-à-d Jean) dit à Pierre: C’est le Seigneur! Et Simon Pierre, dès qu’il eut entendu que c’était le Seigneur, mit son vêtement et sa ceinture, car il était nu, et se jeta dans la mer. Les autres disciples vinrent avec la barque, tirant le filet plein de poissons, car ils n’étaient éloignés de terre que d’environ deux cents coudées.

Lorsqu’ils furent descendus à terre, ils virent là des charbons allumés, du poisson dessus, et du pain. Jésus leur dit: Apportez des poissons que vous venez de prendre.

Simon Pierre monta dans la barque, et tira à terre le filet plein de cent cinquante-trois grands poissons; et quoiqu’il y en eût tant, le filet ne se rompit point.»

Jean chap. 21 vv. 2-11

Auteur(s): Olivier REGIS