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Famille bénie, famille sans souci?

« Isaac [...] prit Rebecca, qui devint sa femme, et il l'aima... » Genèse 24:67

Les récits de l’ancien testament, et spécialement ceux des premiers patriarches, sont extrêmement riches en enseignement  concernant la famille. On y voit la main de Dieu à travers les générations successives d’hommes et de femmes qui décident de marcher (dans tous les  sens du terme) avec leur Sauveur. Mais ces histoires de famille tordent aussi le coup à des idées préconçues idéalisant à  l’extrême les relations familiales au sein de ces foyers bénis et consacrés. Une de ces idées largement répandues (qui pourtant est totalement fausse) est que le fait d’avoir laissé Dieu nous guider  pour le choix de notre conjoint, nous évitera de nombreux soucis, et en particulier des conflits conjugaux et familiaux  importants.
Il est vrai que pour un chrétien, faire le choix d’un conjoint, sans associer Dieu à ce choix et sans tenir compte des  principes qu’Il donne dans Sa parole, génère des souffrances et des problèmes qui auraient pu être évités. Cependant le fait que nous ayons suivi Dieu et les directives qu’Il nous donne ne nous dispensera pas d’affronter des difficultés  sérieuses et graves dans notre couple et dans notre famille.
Nous n’évoquerons même pas le cas du couple le plus parfait, Adam et Eve, qui pourtant connut de nombreuses difficultés de couple  et de famille, et nous nous attarderons surtout sur l’exemple d’un autre couple célèbre: Isaac et Rébecca. Insistons sur le fait que ce couple avait été voulu par Dieu et béni par lui: le choix de Rébecca comme épouse d’Isaac  n’avait-il pas clairement été la réponse de Dieu aux prières  de ses serviteurs? (voir Genèse 24). D’ailleurs le chapitre 24 se  termine comme la fin des belles histoires d’amour racontées aux enfants: « Isaac [...] prit Rebecca, qui devint sa femme, et  il l’aima… » (Genèse 24:67)
Pourtant dès le chapitre suivant, des dysfonctionnements graves apparaissent au sein de cette famille bénie par Dieu: « Isaac aimait Ésaü,[...] et Rebecca aimait Jacob. » Genèse 25:28
Ce couple (choisi par Dieu, rappelons-le) montre des fissures importantes dans son unité: au lieu d’aimer tendrement chacun des enfants, chaque parent a son enfant préféré, avec toute la jalousie, les rancœurs, les disputes et les conséquences  psychologiques que cela peut entrainer…
De plus, Rébecca, ayant reçu un parole prophétique sur l’avenir de ses enfants (le plus grand (Esaü) sera assujetti au plus petit (Jacob), voir Genèse 25:23), décide d’aider Dieu dans ses plans: l’histoire biblique montre que chaque fois qu’un être humain décide d’agir (par ses œuvres) à la place de Dieu – au lieu de le laisser faire (par la foi) -, les conséquences négatives sont dramatiques et durables.  Elle imagine donc un stratagème pour que Jacob, son fils préféré, se fasse passer pour Esaü  auprès d’Isaac  (devenu aveugle) et obtienne la bénédiction réservée à l’ainé (voir Genèse 27).
Pire: le nom de Dieu sera même associé à ce mensonge et à cette supercherie. En effet, Isaac ayant des doutes sur le retour  rapide de son fils parti à la chasse, se demande comment le gibier a pu être trouvé aussi rapidement. La réponse de Jacob est  stupéfiante: « C’est que l’Éternel, ton Dieu, l’a fait venir devant moi. »(Genèse 27:20). Voilà à quel degré de déchéance est arrivée une famille de croyants, une famille voulue par Dieu.
Les conséquences seront dramatiques: Jacob, encore jeune, sera banni de son foyer et ne reverra plus jamais sa mère; Esaü gardera une rancune et une amertume tenace au fond du cœur pendant des décennies. Bref, une famille déchirée et divisée. Jacob subira d’ailleurs une loi qui semble inéluctable dans la nature: tôt ou tard, le trompeur sera trompé. Il sera floué par son beau-père qui lui donnera comme épouse Léa, sa fille ainée, au lieu de Rachelle, la cadette  que Jacob aimait (encore une  histoire d’ainé et de cadet qui provoquera jalousie et conflits…).
Heureusement, Dieu ne nous abandonne pas même si nous lui tournons le dos. En particulier, Jacob surmontera avec l’aide de  Dieu, tous les problèmes familiaux et surtout la culpabilité qui rongeait son cœur (depuis sa tromperie organisée avec sa  mère).
Nous pouvons retenir quelques pistes de réflexions en méditant sur cette histoire de famille:
- le fait que Dieu choisisse deux personnes pour qu’elles s’unissent ne signifie pas que ce couple ne passera pas par de graves  crises de couple ou de famille.
- si nous sommes certains d’avoir été guidés par Dieu dans le choix de notre conjoint, lorsque nous aurons de graves conflits  conjugaux ou des problèmes familiaux, ne pensons jamais que notre mariage a été une erreur ou que Dieu s’est trompé (ou que  nous nous sommes trompés): tout comme le fait d’être enfant de Dieu ne nous évitera pas la maladie, les accidents ou la  souffrance (sans parler de mort violente ou inattendue), le fait d’avoir un foyer chrétien n’évitera pas les problèmes de  couple, ou des crises avec les enfants.
- Dieu ne nous abandonnera pas dans les moments de crise (il y en a ou il y en aura) que devra affronter notre famille

Puisse Dieu bénir et fortifier les familles qui l’ont choisi pour guide.

Auteur(s): Léon GUSTARIMAC